En terme de sexualité, deux conceptions s'opposent depuis toujours. Il y a les Poetic Lovers qui pensent qu'une femme a besoin de douceur. Et il y a les Néo-Racailles du pieut qui affirment que malgré le féminisme, les copines veulent avant tout qu'on les prenne violemment sur la porte du break Xantia. Alors, qui gagne le match ? Je reviens un instant sur nos deux challengers. Donc, à ma gauche, les Lovers. Pour eux, pas question de taper une fille, ni avec des roses, ni avec son pénis. Ils contrôlent leur coup de rein. ils ne rechignent jamais aux préliminaires. Ils ne bifflent pas (c'est-à-dire qu'ils ne giflent pas leur copine avec leur gland -ou pok-pok-). Ils se rangent dans la catégorie du Prince Charmant pour qui la sexualité n'est qu'une éternelle nuit de noces.
A ma droite, les Néo-Racailles, ou Sex-Agressifs. Leur expérience des relations charnelles (car ils sont généralement plus âgés que les lovers) les pousse à clamer qu'une femme est d'autant plus heureuse qu'on la laisse pantelante, sans souffle, sans culotte et sans col de l'utérus. Ils prétendent avoir percé le secret de la nana moderne : être traitée comme une Princesse dans le civile et comme une catin au lit. A eux, donc, les menottes et les pénétrations séches. Parfois, la Néo-Racaille cache tout simplement un éjaculateur précoce qui se cherche des excuses. Entre les deux, le coeur des femmes balance. S'il fallait choisir entre un long cunnilingus ou un cassage de pattes arrière (comme on pourrait l'entendre dans un club de chasse), on répondrait probablement : le cunni pour l'efficacité, et la pénétration violente pour le fantasme (ouais, ouais). A ma connaissance, aucun homme ne risque le cumul des mandats en prodiguant des cunnis violents. Seuls les films porno autorisent la gifle clitoridienne, or les pornos sont majoritairement faits par des hommes - les conseils des films X sont donc valables uniquement si un homme envisage de coucher avec un autre homme. Comment surmonter ce grand écart entre efficacité physique et efficacité mentale ? Dans le doute, choisissez l'efficacité physique - les filles n'ont pas toutes les mêmes fantasmes, mais elles ont toutes un clitoris.
Evidemment, l'idéal serait de la douceur pendant les préliminaires et de l'énergie pendant la pénétration. Mais ça n'arrive que dans les rêves humides des femmes. Dans l'imagination des femmes, au milieu des profiteroles amincissantes et des seins anti-gravité, elles trouvent des amants capables de varier les plaisirs lors d'une même relation sexuelle. Un monde meilleur où nous les hommes pourraient être des Poetic-Racailles ou des Agressifs-Lovers. Elles pleurent parfois, secrétement, sur leur oreiller. Elles s'arrachent les cheveux. Elles prient. Puis elles reviennent à cette maudite réalité où les hommes se sentent obligés de choisir un camp, puis d'y rester pour les cinquante années suivantes. Elles soupirent et elles nous pardonnent. Elles savent que nous n'y pouvons rien : c'est comme lancer le lave-vaiselle tout en téléphonant - notre cerveau parait-il n'est pas adapté à de tels raffinements. Le problème, car oui il y en a un, ce n'est pas que nous soyons trop doux ou trop dominateurs. C'est d'être trop monotâche. Alors, devons nous secouer notre copine ? Peut-être. Mais pour l'instant, c'est la copine qui doit nous secouer.