L'Homme est-il une Pétasse comme les Autres ?

L'Homme est-il une Pétasse comme les Autres ?
Les hommes ont un souci avec le premier degrés. Sur le terrain de l'érotisme, du moins. georges Clooney ? Tout dans le décalage. Les Chippendales ? A hurler de rire. Les Dieux du stade ? Allez, quoi. Seuls les hommes pétasses ont adopté les codes de la séduction sans aucun recul. Première tendance lourde on ne dit plus homme-pétasse mais douchebag (un peu de patience, vous allez bientôt comprendre l'origine de ce mot). Deuxième tendance lourde : les femmes sont reconnaissantes au douchebag, il y a souvent une jolie fille à laquelle il pique son déo. N'évitons pas la question qui fâche : les femmes aiment-elles ces pétasses, secrétement, dans l'intimité humide de leurs fantasmes ?

La réponse est complexe. Les copines ont beau jouer les indifférentes, il n'empêche qu'elles surkiffent David Beckham (avec Djibril Cissé, les footballers sont surreprésentés dans la catégorie). Eh oui, pour les femmes, le pétasse est un plaisir honteux, au même titre que le chocolat blanc ou le plug anal : deux choses qu'on niera apprécier mais qui sont dans le deuxième tiroir de la table de chevet. Des mecs qui assument leur érotisme, ça me touche. On mettrait bien la main pour voir. Ensuite, une fois qu'on a mis la main, ça se complique. Au lit, le douchebag veut qu'on voit ses abdos. Il exhibe son tatouage chinois prés du pubis. Il garde ses bijoux, il ne se démaquille pas. Il aime le contact de la Vierge Marie dorée qui rebondit dans sa toison périmammaire.

C'est facile de se moquer, einh ? Mais au de là des clichés, le douchebag, c'est peut être vous. La photo en débardeur sur la page Facebook, avec le muscle discrètement bandé, désolé, mais c'est douchebag à fond. La gourmette aussi. Et l'iPhone. Et l'épilation des narines. Et le club de sport. Et la barbe de trois jours qui reste toujours à la même longueur. Mais au fait, d'où vient ce terme qui nous menace tous et toutes ? En anglais, douchebag signifie "poire à lavement vaginal". Mais on a beau blagguer, les douchebags sont une lame de fond aussi importante que la pilule pour l'égalité homme-femme. Fini le second degré, retour au corps grec, fantasme d'un mâle sublime, huileux même quand sculpté dans du marbre, avec des poignées d'amour en muscle.

Il y a eu le David de Michel-Ange. Puis quelques siècles d'oubli. Puis le retour en grâce, au XXème siècle, d'une beauté masculine premier degrés. On doit ce retour aux Italiens, adeptes de lunettes de soleil et de cheveux gominés, et dénués de tout détachement face à ce corps qui s'aime lui-même. La particularité régionale se fait culturelle avec le développement du hip-hop bling : le rappeur a été le deuxième à se transformer en objet sexuel - se sont toujours les plus machos qui se rendent les plus vulnérables. Aujourd'hui, le phénomène connait une telle ampleur qu'on lui consacre des documentaires (Brice de Nice) et qu'il a ses icônes (Mickaël Vendetta). Jusqu'à récemment, aucun moyen d'en trouver trace dans le dictionnaire. En français, on disait "une" pétasse. Puis "un" pétasse. Comme d'habitude, les Américains ont sauvé le monde : maintenant, les hommes qui se caressent les tétons devant la glace s'appellent des douchebags, et les mâles modernes sont tentés. Si Freud vivait aujourd'hui, il ne théoriserait pas sur l'envie du pénis, mais bien sur l'envie du douchebag.

Alors dans ce monde en permanente évolution, comment être sûr de ne jamais sombrer du côté obscur de la pétasserie ? Faut-il vraiment raser sa barbe de trois jours ? Non. Car l'entrée dans le monde du douchebag se fait par le haut : capillairement, donc. On est douchebag à 100% quand on sacrifie à cette coupe de cheveux qu'on qualifiera d'iroquoise tecktonik, assortie de cheveux rasés sur les côtés, avec des motifs tribaux. Bonne nouvelle : on tient enfin la succession de la coupe mullet. Mauvaise nouvelle : la crête était punk, elle est devenue pétasse. Ce qui en dit long sur la révolte des temps modernes...
# Posté le samedi 18 avril 2009 09:07
Modifié le samedi 06 juin 2009 10:09

Permis d'éconduire ?!

Permis d'éconduire ?!
Il y deux sujets que l'on traite à reculons : la sodomie et le râteau. Ces deux pratiques connaissent une progression fulgurante. La sodomie à cause du porno, le râteau à cause d'une tendance dont on parle trop peu : le retour en grâce de la drague récréative. Le coupable, comme toujour, c'est la télévision. Le petit écran regorge de discours apologétiques sur cette pratique, qui est en passe de devenir LA grande expérience collective des années 2000. Drague expérimentale, drague initiatique, drague dure, drague du viol, drague qui fait rire, drague à injecter, dépendance à la drague... A mesure que la tendance prend de l'ampleur, elle se codifie. On ne séduit plus en offrant un verre. On cherche l'eye contact, on décortique sa cible, on utilise des ouvertures plus documentées qu'aux échecs. Et pire, on drague à plusieurs. La série How I Met Your Mother a fait passer wingman dans le language courant, au point que l'Académie hésite entre boycott, banalisation et traduction ("faire valoir masculin paradoxalement destiné à l'établissement d'un rapport intime hétérosexuel").

Puisque nous les hommes allons au râteau, parlons-en. 74% des tentatives de drague sont vouées à l'échec, c'est statistique, et c'est justement ce qui fait le charme de la pratique. La drague est l'ordalie du nouveau millénaire. Les chevaliers modernes s'y soumettent avec humilité. Ils obtiennent soit le Graal, soit le râteau. Côté Graal, bon, je ne vais pas vous faire un dessin. Côté râteau, toute léducation des hommes est à refaire. Commençons par un cas rarisime : comment dire non à une femme qui vous drague ? La procédure est simple. 1) Prétendre qu'on est pas d'humeur badine, 2) Relever le numéro de téléphone, 3) Ne jamais rappler. Vous évitez ainsi toute humiliation à votre prétendante, qui s'en tire de manière équilibrée - avec honneur mais sans illusions. Et quand on est soi-même éconduit ? On le sait depuis les publicités pour Ferrero : ce qui compte vraiment, c'est la réception. Un unique mot d'ordre, donc : fair-play. Voici venu le moment d'être classe. Un sourire, un mot d'excuse, de l'aisance. Et peu importante si la femme s'est montrée blessante, vulgaire ou stupide. Vous êtes au-dessus de ça. Et fondamentalemment la drague est d'autant plus aérienne qu'on y met pas d'amour-propre avant d'avoir reçu de l'amour sale.

Bien sûr, la séduction rend vulnérable. On montre ses sentiments (l'intérêt copulatoire est un sentiment) à quelqu'un dont on ne sait rien : le risque fait partie du défi. Mais attention : la mauvaise foi n'est pas une option. Bien trop souvent, on n'entend des hommes nier qu'ils étaient en train de draguer, allant jusqu'à se prétendre dégoutés par l'adipeuse masse postérieure qui les fascinait au plus haut pont cinq secondes plus tôt. Ceci est intolérable. Un râteau s'accepte. Un râteau refusé ne trompe personne. S'il faut vraiment laver un affront imaginaire, alors le gentleman doit repartir chasser. Un râteau efface le râteau précédent. Un numéro de téléphone efface cinq râteaux. Une fille dans votre lit efface dix râteaux. Et la sodomie... ah, désolé, c'est un sujet trop vaste pour qu'on l etraire en quelques lignes.
La morale est donc la suivante : si vous avez décidé de pratiquer la drague récréative (personne ne vous y encourage, homme d epeu de vertu !!), vous acceptez le râteau récréatif. Avec le sourire.

# Posté le lundi 01 juin 2009 10:41